C’est pendant deux heures trente minutes que GY!BE nous a lancé avec passion son « post-rock » déjanté au Corona hier soir. Les pièces, livrées avec brio, projettent une charge émotionnelle que même les classiques du « soft rock » n’ont jamais su rendre!

Entre les sections plus douces, se faufilent des montées d’intensité qui nous rejoignent et nous troublent profondément. Le grincement du violon de Sophie Trudeau n’est jamais apaisant et c’est une bonne chose! Les guitares de Menuck, Bryant et Moya nous guident avec des petites mélodies qui nous aident à garder le cap à travers les rafales de notes, et les basses et percussions nous servent de gauge pour l’intensité qui varie constamment. De la pièce Sleep à la pièce Moya, on vacillait sans cesse entre un calme et une tempête décidément instrumentale.

Après environ deux heures de musique, la foule se voulait un peu plus clairsemée. Peut-être essoufflée?

Malgré une longue absence sur la scène Montréalaise, le groupe est demeuré fidèle à ses habitudes en nous présentant une projection de visuels troublants qui ne font qu’ajouter à l’intensité de leur musique et qui servent en quelques sortes de sous-titres pour nous permettre de déchiffrer leurs messages politiques et engagés. Blue Skies Turn Black nous avisait aussi que, encore une fois, tous les profits de cette série de spectacles seraient remis à des œuvres et/ou causes sociales.

Alors qu’à la fin des années 90 / début des années 2000 on assistait à une poussé de band “post rock”, peu se sont vraiment démarqués. On est resté marqué par Mogwai, Explosion in the Sky mais surtout par Godspeed You! Black Emperor et on est d’autant plus fier de pouvoir se dire que c’est (encore) un band de chez nous!